Il est bien important de comprendre que dans l’Amérique du Nord
préhistorique, les objets voyageaient beaucoup plus que les humains. Les nations
autochtones étaient disséminées sur de vastes territoires, les ressources
variant grandement d’une région à l’autre. Les Amérindiens ne pouvaient trouver
toutes les matières premières sur place ; c’est pour répondre à ce besoin que
des réseaux d’échanges se sont peu à peu mis en place.
En plus de se procurer des biens nécessaires, l’échange de biens d’une
certaine rareté permettait aux divers groupes de forger des alliances et
d’entretenir de bonnes relations. Cela permettait aussi d’augmenter le prestige
de ceux qui procédaient à ces échanges, puisque le prestige requérait de la générosité.
«Les
échanges « […] étaient des métaphores gestuelles : puisqu’on
considérait que les traités, une fois conclus, ne se suffisaient pas à
eux-mêmes, pour les maintenir en vigueur, il fallait les remémorer chaque fois
que c’était possible par des échanges cérémoniels[1]. »
C’est au gré d’échanges que les objets parcouraient de si grandes
distances. Il est évidemment impossible de savoir entre combien de mains ces
artéfacts ont passé avant d’aboutir jusqu’ici. Les réseaux d’échange étaient très développés, et ce, bien avant
l’arrivée des Européens.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire